Portrait
L’écrivain
Une table, une lampe, des carnets. Le reste vient de ce qu’on a regardé.
Écrire, c’est d’abord regarder longtemps
Il y a, au commencement de chaque livre, une scène minuscule qu’on n’arrive pas à oublier. Un geste dans une file d’attente, une phrase entendue de travers, un silence de trop dans une conversation de famille. Rien qui mérite qu’on en fasse un roman — et c’est précisément pour cela qu’il faut l’écrire.
Bachir Bouaziz écrit des romans qui prennent le parti du détail. Ses personnages ne sont pas des symboles ; ils travaillent, se trompent, se réconcilient mal. Ce qui les traverse — l’exil, la fidélité, l’ambition, la peur de décevoir — n’est jamais présenté comme une thèse, mais comme une matière.
Le travail est lent. Les carnets précèdent les chapitres de plusieurs années : on y trouve des repérages, des bribes de dialogue, des plans de ville, des relevés de vocabulaire. Le roman ne commence vraiment que lorsque la voix est trouvée.
« Je n’écris pas pour expliquer une époque. J’écris pour la rendre habitable assez longtemps qu’on puisse la traverser avec quelqu’un. »
De cette attention au particulier est née, presque nécessairement, une seconde manière d’écrire. À force de suivre des vies contrariées par des règles, on finit par interroger les règles elles-mêmes : comment le pouvoir se répartit, qui décide, devant qui l’on répond. Ce sont les Carnets fédéralistes, puis le projet de Constitution.
Les deux gestes appartiennent au même travail. Le romancier descend dans l’intime ; le fédéraliste remonte vers l’équilibre. L’un et l’autre refusent la même chose : que les vies se plient à des architectures qu’elles n’ont pas choisies.
Bachir Bouaziz
Romancier · Fédéraliste
Repères
- [Année] Naissance — [lieu]. À compléter.
- [Année] Formation et premières années — à compléter.
- [Année] Publication de « Titre du premier roman », Éditions Maïa.
- [Année] Publication de « Titre du deuxième roman », Éditions Maïa.
- [Année] Ouverture des Carnets fédéralistes.
- [Année] Mise en ligne du projet de Constitution.